Transdev attaque Bordeaux Métropole sur la délégation des transports publics

Le perdant veut sa revanche ! Après avoir vu son rival Keolis remporter à nouveau la délégation des transports publics à Bordeaux Métropole en juin 2022, Transdev contre-attaque. L'opérateur a déposé deux recours devant le tribunal administratif de Bordeaux selon une information de La Tribune confirmée par la juridiction. Les deux procédures visent Bordeaux Métropole et contestent le choix de l'intercommunalité en faveur de Keolis.

Le premier recours, déposé en octobre 2022, dénonce les modalités du contrat noué entre les deux parties, faisant valoir un non-respect des conditions du marché public déterminées par la collectivité délégante. Transdev estimant avoir défendu un meilleur dossier. Par le second recours, reçu par le tribunal administratif le 20 février 2023, Transdev réclame une communication du dossier de candidature de son concurrent et du contrat passé avec la Métropole.

Selon le tribunal administratif, les deux recours vont être réunis au sein d'une même procédure. Bordeaux Métropole, son président Alain Anziani ainsi que les services techniques qui participent à l'attribution de la délégation seront sollicités dans le cadre de la procédure. L'audience finale devrait être conduite au premier semestre 2024.

Ce type de recours est courant dans la concurrence autour des marchés publics, puisque Transdev avait déjà déposé un recours contre l'intercommunalité du Bassin d'Arcachon en 2015. Ou encore contre celle du Pays basque en 2019. Dans les deux cas, les délégations avaient déjà été remportées par Keolis. Et les recours n'ont pas abouti.

Victoire surprise

Le 9 juin dernier, Alain Anziani annonçait que Keolis était retenu pour poursuivre l'exploitation des transports publics de Bordeaux Métropole. La nouvelle délégation, débutée le 1er janvier 2023, doit s'étendre jusqu'en 2030 pour un montant record de 2,15 milliards d'euros.

Lire aussiÀ Bordeaux Métropole, Keolis confirmé comme maître d'oeuvre des transports en commun

Selon plusieurs sources, l'annonce de l'attribution à Keolis avait constitué une réelle surprise tant le dossier porté par Transdev aurait eu la faveur des services techniques lors de son examen par la Métropole. Les élus en ont par la suite décidé autrement.

Contacté, tout comme les élus métropolitains, Keolis n'a pas souhaité commenter la procédure en cours mais confirme bien avoir été mis au courant du dépôt des recours. L'exploitant aurait néanmoins « 0 % d'inquiétude » selon un observateur des mobilités à Bordeaux. Également sollicité par La Tribune, Transdev n'a pas non plus souhaité commenter son action.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *